Le cours de psycholinguistique présente les fondements théoriques, cognitifs et expérimentaux de l’étude des relations entre langage et esprit. Située au croisement de la psychologie et de la linguistique, cette discipline analyse les mécanismes mentaux impliqués dans la compréhension, la production et l’acquisition du langage. Elle examine notamment la segmentation du flux de parole, l’accès au lexique mental, la construction syntaxique et l’élaboration de l’interprétation sémantique et pragmatique, en mobilisant des modèles issus des sciences cognitives.

La réflexion s’inscrit dans l’héritage des grandes écoles ayant structuré l’étude des processus d’apprentissage, notamment celles de B. F. Skinner, Jean Piaget, Noam Chomsky et Lev Vygotsky. Le behaviorisme met l’accent sur les comportements observables et le rôle du conditionnement ; la Gestalt, illustrée par Max Wertheimer, privilégie l’organisation globale de la perception ; le cognitivisme explore les processus internes de traitement de l’information ; tandis que le constructivisme souligne la construction active des connaissances et l’importance des interactions sociales.

La psycholinguistique moderne émerge dans les années 1950-1960 avec les travaux de George A. Miller sur la mémoire et de Chomsky sur la grammaire générative, remettant en question les conceptions strictement béhavioristes du langage. Le cours expose les principaux modèles du traitement langagier, dont celui de la production proposé par Willem J. M. Levelt, ainsi que les recherches sur l’activation lexicale, l’analyse syntaxique incrémentale et l’intégration du sens.

Une attention particulière est accordée à l’acquisition du langage chez l’enfant, aux débats entre innéisme et approches usage-based, à l’apprentissage d’une langue seconde et au bilinguisme envisagé comme système intégré mobilisant des mécanismes de contrôle exécutif. Les troubles du langage (aphasies, dyslexie, troubles développementaux) sont étudiés afin d’éclairer l’architecture fonctionnelle du système linguistique. La démarche pédagogique associe cours magistraux, analyses d’articles et présentation de protocoles expérimentaux (temps de réaction, eye-tracking, neuroimagerie). L’évaluation repose sur un contrôle continu (40 %) et un examen final (60 %).